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Il y a une progression significative de l’emploi direct

Alors que se termine la SEEPH, l’Ucanss publie les chiffres-clés de la politique handicap 2020 de la Sécurité sociale, qui agrège les résultats des 300 organismes de l’institution. Retour avec Justine FARCY, Directrice de la DDARH de l'Ucanss, sur les grands enseignements de ces indicateurs.

6,60 %
Taux d'emploi légal en situation de handicap à la Sécurité sociale
+ 1082
Salariés en situation de handicap employés au sein du Régime général en 2020
9748
salariés en situation de handicap au titre de l’OETH

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Justine Farcy, comment évoluent ces chiffres ? 

Il faut tout d’abord rappeler que dans l’objectif de créer une société plus inclusive, la loi de 2018 « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » a mis en place un nouveau mode de calcul de l’obligation légale, centré sur l’emploi direct des personnes en situation de handicap. L’emploi généré par la sous-traitance avec le secteur adapté n’est désormais plus pris en compte dans le calcul de l’OETH. Compte tenu de ces changements, 2020 était une année charnière pour beaucoup d’entreprises, notamment celles dont l’atteinte de l’OETH reposait pour tout ou partie sur les marchés passés avec le secteur adapté. Au final, grâce à la mobilisation des 300 organismes du régime général, la Sécurité sociale atteint un taux d’emploi légal de 6,60%, ce qui nous permet collectivement de respecter l’obligation légale en matière d’emploi des travailleurs handicapés. 

Ce chiffre est-il en hausse ou en baisse ? 

Si l’on se réfère à l’ancien mode de calcul, ce résultat est en baisse par rapport à 2019 (7,48% des organismes atteignant le taux légal en 2019), ce que nous avions anticipé vu les nouvelles modalités de calcul. Néanmoins, une étude plus détaillée des résultats démontre une progression significative de l’emploi direct, si l’on compare ce résultat de 6,60% au taux d’emploi direct de 2019, qui atteignait 6,14%.

Et concrètement, par quoi cela se traduit-il ?

On constate une hausse de 1 082 salariés en situation de handicap employés au sein du Régime général en 2020, portant le total à 9 748 salariés remontés au titre de l’OETH (versus 8 666 en 2019), ce qui constitue une progression conséquente en 1 an, et cela malgré la période de crise sanitaire. Cela témoigne d’un très fort engagement des employeurs de la Sécurité sociale pour le recrutement de personnes en situation de handicap.

Comment expliquez-vous ces résultats ? 

C’est toujours difficile de donner des explications simples, alors que je suis convaincue que ces résultats sont d’abord le fruit d’un engagement de long terme de notre institution, notamment via le partenariat que nous avons noué avec l’Agefiph depuis 2016. Il est également dû à la mise en place d’une action globale sur le champ de la formation, de l’outillage et de la sensibilisation, ce qui mobilise de nombreux acteurs de l’entreprise autour d’un même objectif. 
Enfin, déployer une politique handicap à l’échelle d’une organisation de 150 000 collaborateurs implique de mobiliser un réseau d’intermédiaires, qui sont nos référents handicap locaux, régionaux et nationaux. Cette gouvernance, qui articule la national et le local, a selon moi été une clé pour mettre en place des actions adéquates. 

Quelles suites donnez-vous à ces résultats encourageants ? 

L’erreur serait de se dire que nous y sommes arrivés. Nous le savons, les résultats d’une politique handicap sont fragiles, et nous comptons bien poursuivre une politique ambitieuse en la matière. En plus des nombreuses actions nationales que nous continuons à porter, notamment la semaine dernière dans le cadre de la SEEPH, nous nous orientons vers un accompagnement toujours plus personnalisé des 300 organismes de Sécurité sociale, pour mettre en place des plans d’actions propres à chacun, tenant compte des disparités locales, que ce soit en matière de taille d’organisme, de bassin d’emploi de recrutement, etc. 

Ne voyez-vous pas un risque de désengagement sur l’achat en secteur adapté ? 

Pas pour nous en tous cas, bien au contraire ! Au sein de la Sécurité sociale, l’Ucanss a, via sa DIRA, un rôle de Centrale d’achats pour optimiser et mutualiser les dépenses des organismes. En 2019, ce sont 286 marchés, pour un montant d'achat de près de 5,5 millions d'euros, qui ont été passés auprès du secteur adapté et protégé.

Pour amplifier cette dynamique, nous avons signé cette année une convention d’achat pour 3 ans avec le réseau Gesat, qui aidera les organismes de Sécurité sociale à avoir recours plus facilement aux entreprises du secteur du travail protégé et adapté. 

Ce partenariat pourra d’ailleurs trouver une concrétisation sur le champ de l’emploi direct des salariés porteurs de handicap, à travers la promotion du dispositif des CDD tremplin, qui permet d’organiser la transition d’un travailleur handicapé employé dans une entreprise adaptée vers une entreprise classique, grâce à la mise en place d’un parcours individualisé permettant de bénéficier d’un accompagnement et des formations utiles à son intégration. Les organismes pourront, à travers ce dispositif, mobiliser un levier innovant pour recruter un salarié porteur de handicap. Comme je le disais, je crois que nous réussirons grâce à une approche globale. Ce partenariat le montre bien. 

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