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IRSN : une démarche RSE renouvelée entre engagement et transformation

Valérie Marchal

 Valérie Marchal - Déléguée à la RSE, Direction de la transformation, IRSN

L’institut de radioprotection et de sûreté nucléaire contribue par ses recherches et ses expertises à la gouvernance du risque nucléaire et radiologique, et à la protection des personnes et de l’environnement. Signataire de la charte du Club développement durable des établissements et entreprises publics depuis 2011, l’IRSN a récemment renouvelé ses engagements. Valérie Marchal nous raconte la démarche RSE renouvelée entre engagement et transformation.

1/ Comment est organisée la démarche RSE de l’IRSN et quel est votre rôle ? 

En 2019 à l’issue de réflexions prospectives, le renforcement des engagements de l’IRSN en matière de développement durable s’est concrétisé par la création d’une direction de la transformation et d’une fonction de délégué RSE que j’occupe. Ma mission consistait alors à proposer et incarner une ambition renouvelée à travers une politique RSE et une feuille de route associée qui contribuent à la transformation de l’Institut. 

Afin d’assurer un déploiement de cette fonction au plus près des directeurs, des managers et des salariés, j’ai également mis en place une gouvernance dédiée avec un Cercle RSE des directeurs pour ancrer la RSE dans la stratégie et la gouvernance de l’Institut et un conseil RSE constitué de salariés volontaires, creuset d’innovation, d’échanges et de diffusion de bonnes pratiques. Ce Conseil a permis de constituer un noyau de salariés actifs dans la démarche, il constitue un accélérateur de transformation des pratiques.

Ces instances ont également permis de partager et d’enrichir les réflexions qui ont mené à l’identification de quatre axes majeurs d’engagement RSE de l’Institut : la protection des populations et des salariés, les actions en faveur de l’environnement, l’ambition d’exemplarité et d’excellence ainsi que la contribution aux progrès de la société.

En 2021, la gouvernance RSE a été complétée par la mise en place d’une communauté de pratiques RSE ouverte à l’ensemble des salariés de l’Institut. Cette plateforme permet de publier des articles, de constituer des dossiers thématiques et d’échanger via un fil de discussion. Elle est ouverte à tous les salariés et complète les dispositifs de communication interne notamment l’intranet ou le journal interne.

 

2/ En matière de sensibilisation aux enjeux climatiques, pouvez-vous nous dire quelques mots sur le déploiement de la Fresque du climat/numérique au sein de l’IRSN ?

Afin d’encourager les échanges autour des enjeux de l’empreinte carbone, j’ai proposé une démarche de déploiement de fresque du climat sur l’ensemble des sites, ce dispositif permet notamment une sensibilisation aux enjeux du changement climatique, à ses causes et ses effets. Une première session a été organisée pour le comité des directeurs marquant ainsi l’engagement de la direction et la volonté d’inciter les salariés à participer à la démarche. En parallèle, la formation à l’animation de Fresques du climat a été intégrée au catalogue de formation et une vingtaine de salariés sont aujourd’hui formés.

Les périodes successives de confinement ont retardé le déploiement de certaines fresques mais la dynamique est installée et se poursuit qu’elle soit portée par la RSE ou des services qui l’utilisent comme vecteur d’animation interne. Une réflexion est également en cours concernant l’engagement d’une action similaire autour de la fresque du numérique.

Enfin, plus récemment, une Fresque du climat a été organisée pour les membres du Club du développement durable, à l’occasion de sa visite du siège de l’Institut le 5 octobre dernier.

 

3/ Face aux enjeux du numérique, quelles sont les actions déployées par l’Institut pour faire converger transition écologique et numérique ?

Sur la base des travaux du Cigref, de l’INR et de la feuille de route 2021 du gouvernement Numérique et environnement, une feuille de route Numérique responsable a été élaborée pour structurer les actions menées et à engager à l’initiative de la direction en charge du numérique ou de la RSE. Les axes définis s’articulent avec la stratégie DATA et les enjeux de transformation de l’Institut. 

Parmi les actions engagées, je retiens tout particulièrement le projet d’indicateur dit « sobriété numérique » de l’accord d’intéressement 2019-2022 consistant à réduire le volume de données stockées sur un serveur mis à disposition de chaque salarié. Ce projet permet d’inciter les collaborateurs à agir et met en lumière de nouvelles bonnes pratiques numériques. Les objectifs ont été atteints en 2019 et 2020, la campagne s’achèvera en décembre pour la troisième année d’exécution. Un indicateur plus ambitieux est en cours d’identification pour le prochain accord.

 

4/ En quoi consiste la démarche « dépensons responsable » de votre politique achat ?

Dans le cadre d’une démarche visant des économies de fonctionnement, une approche concertée pilotée par le secrétariat général avec le soutien de la RSE pour identifier les enjeux du « mieux acheter », a conduit à créer des groupes de travail thématiques mandatés pour faire évoluer certains achats. Des actions ont ainsi été identifiées comme le renouvellement de la politique d’achat et de distribution de goodies avec des critères de réduction des volumes, d’attention portées aux matériaux et au lieu de fabrication des objets. L’identification de filières de réparation, de recyclage ou de partage pour limiter certains achats a ainsi également été retenue comme un axe de travail à poursuivre.

 

5/ Concrètement, comment se traduit la démarche que vous avez engagée sur l’économie circulaire ?

Parmi les actions engagées, l’économie circulaire est identifiée comme un projet RSE majeur intégrant des actions de courts et moyens termes. Elle permet, certes, de réaliser des économies mais surtout d’envisager le cycle de vie des équipements, des consommables dans une approche de partage. À titre d’exemple, l’outil dédié aux échanges notamment de consommables entre laboratoires de recherche, a fait l’objet en 2020 d’une refonte. Il peut désormais être utilisé pour tout type de bien ou d’équipement sur le modèle du « Boncoin » par l’ensemble des services de l’Institut. La valorisation de cette nouvelle fonctionnalité accessible sur l’intranet auprès du Conseil RSE et de la communauté RSE a contribué à promouvoir les offres et à développer cette nouvelle pratique. Si le don ne trouve pas preneur en interne, la démarche peut se poursuivre sur une plateforme gouvernementale dédiée permettant d’élargir l’audience aux services publics et au monde associatif. D’autres actions portent sur le développement de filières de réparation ou de reconditionnement notamment pour le matériel informatique ou les téléphones portables.

 

6/ Pour conclure, auriez-vous une lecture inspirante (un guide, un site...), une démarche à partager avec nos lecteurs ?

À l’instar de la RSE et des évolutions culturelles qu’elle porte, je vous propose une initiative autour de l’art et l’écologie, celle développée par COAL. Cette association mobilise les artistes et des acteurs culturels sur les enjeux sociétaux et environnementaux pour contribuer à l'émergence d'une nouvelle culture de l'écologie. Chaque année par exemple, un prix COAL met en lumière auprès du grand public et des acteurs politiques d'autres manières d’appréhender la complexité du défi climatique et écologique à travers un appel à projet international dans le domaine des arts plastiques et visuels. En 2022, une dizaine d’artistes ont concouru sur le thème de l’océan avec des projets proposant un autre regard sur les enjeux du développement durable et des approches inspirantes.

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