
Cet atelier était animé par :
![]() |
Claudine ROUX, Chef du Département Pédagogie et Médiation de l’information à l’ONISEP | ![]() |
Raymond RAILLARD, Chargé de mission à l’URSSAF de la Rochelle |
![]() |
Jacques BARTHE, Responsable de la Communication avec le monde scolaire et universitaire à La Poste | ![]() |
Frédéric BELOUZE, Communication de l’UCANSS |
Frédéric BELOUZE
Au cours de ces deux journées de l’Université d’automne, tous les ateliers abordent la problématique du développement durable. Je pense qu’il ne faut pas perdre de vue, d’une part, le volet social de cette problématique, qui concerne notamment l’information et, d’autre part, le volet sociétal, qui est défini par la qualité des relations entretenues avec la société civile et l’ensemble du public. Nous n’aborderons pas le thème de l’information des relations en termes de service au niveau de la Sécurité sociale, mais nous partirons de l’expérience que nous avons menée avec nos collègues des caisses nationales et les représentants des caisses locales sur divers forums de métiers.
L’institution Sécurité sociale en tant qu’employeur potentiel est relativement mal connue du jeune public, des parents, des conseillers d’orientation et des enseignants. Il faut veiller à ne pas confondre la communication métiers avec la communication de recrutement. En communiquant sur nos métiers, nous contribuons à l’image de notre institution. Nous étions présents l’an passé au salon de l’Education qui se tenait à Paris et nous nous sommes rendus compte que le public ignore à quel point notre institution regorge de métiers variés. Nombre de personnes se figure en effet que travailler à la Sécurité sociale revient à travailler derrière un comptoir. L’idée de cet atelier consiste à montrer que la communication métiers et employeur contribue à asseoir la position d’une institution durable dans le paysage social, en montrant que cette institution est dynamique et vivante. Pour cela, je cède la parole à nos intervenants.
I. L’expérience de l’ONISEP
Claudine ROUX
L’ONISEP est l’Office national d’information sur les enseignements et les professions. Cet organisme public remplit la mission d’informer les jeunes et les familles, ainsi que les éducateurs, sur le monde des métiers et sur celui de la formation, de manière à préparer l’orientation des jeunes.
Cette institution a été créée en 1970, mais s’appuie sur une structure existant depuis 1928. Nous détenons donc une grande expertise et une grande expérience, mais nous devons sans cesse nous renouveler, au diapason de notre environnement, le monde des métiers étant extrêmement mouvant et celui des formations devenant de plus en plus pointu. Les jeunes, auxquels nous nous adressons, ont aussi grandement évolué en termes d’attentes professionnelles, d’orientation et de mode de communication.
J’aborderai trois grands axes :
l’image qu’ont les jeunes du monde des métiers et la manière de rendre cet univers attractif ;
les services que l’ONISEP entend délivrer pour faciliter la découverte des métiers ;
les métiers de la Sécurité sociale, leurs particularités et ce qui peut être mis en avant pour les rendre familiers aux jeunes.
1. L’image qu’ont les jeunes du monde des métiers et la manière de rendre cet univers attractif
Nous avons commencé par travailler sur l’information des médiateurs. Le département dans lequel je travaille s’intéresse à la médiation de l’information et collabore avec les équipes éducatives. Il n’est en effet pas suffisant de produire de l’information, encore faut-il qu’elle s’inscrive dans une démarche. De nombreux jeunes disposent d’une masse d’informations, mais ils ne les retiennent pas forcément si elles ne correspondent pas à une démarche. Pour un adolescent, le monde est blanc ou noir, la vie est relativement simple. Il a ses univers de prédilection et tous les autres ne l’intéressent pas. Il existe un filtre, constitué de l’a priori, des stéréotypes, etc., c'est-à-dire de tout ce qui servira d’écran entre les jeunes et les métiers. Notre travail consiste à les familiariser et à les amener à éprouver de la curiosité envers des univers qui ne semblent pas les intéresser, comme celui des métiers. Lorsque nous demandons aux adolescents de considérer les métiers et de préciser le champ dans lequel ils se projettent, nous constatons que ce champ est restreint et qu’il est de plus en plus restreint avec l’âge. Les enfants ont une imagination extraordinaire. A l’âge de 5 ou 6 ans, ils inventent des métiers, pour répondre à la question : « qu’est-ce que tu veux-tu faire plus tard ? ». Plus l’enfant mûrit, moins il fait preuve d’imagination. Il élimine tout ce qui paraît relever de l’imaginaire, sachant qu’en parallèle, il ne détient qu’une connaissance très succincte du monde des métiers. Les jeunes connaissent les métiers, parce qu’ils les fréquentent, parce qu’ils ont l’habitude de les voir et parce que certains métiers sont médiatisés. Au hit parade des métiers connus figurent ceux qui sont très représentatifs et très attirants. Or les jeunes, en pleine construction d’eux-mêmes, éprouvent le besoin de porter des jugements, pour se positionner. Ce jugement sera fondé sur un manque d’imagination et sur des connaissances restreintes, davantage sur des a priori et des idées stéréotypées. Les stéréotypes sont fondés sur le fait qu’un élément est retenu pour désigner l’ensemble. Ainsi, les métiers de la Sécurité sociale sont assimilés à cette idée stéréotypée qui désigne la personne assise derrière un guichet toute la journée.
Nous menons une mission exhaustive, notre objectif étant de donner la chance à tous les métiers d’être repérés par les jeunes. La connaissance des métiers dépend aussi beaucoup de l’environnement. Au sein de sa famille, le jeune ne trouvera pas forcément l’information qui l’aidera à choisir un métier susceptible de l’intéresser et de répondre à ses attentes. Certains environnements familiaux peuvent s’avérer contraignants, du fait d’une échelle de valeurs classant certains métiers comme valables et d’autres comme inintéressants. D’autres environnements sont pauvres, parce que le travail vient à manquer ou parce que les « petits boulots » sont fréquents. D’autres encore dépendent de l’histoire familiale et de la ville où le jeune grandit. Le travail sur l’orientation s’en ressent forcément.
Les jeunes sont également confrontés au fait que les métiers évoluent. Il faut donc les sensibiliser au fait que le monde professionnel est un monde en constante mutation et que le fait de glaner de l’information leur permettra de changer de métier. Nous devons davantage parvenir à transférer au sein d’un métier des éléments relevant des traits de la personnalité ou des compétences ou d’un environnement de travail, pour pouvoir transformer ce métier par la suite.
Nous devons bien préparer l’entrée dans la vie active des jeunes. Ils doivent bénéficier de points de repères, déterminer la raison de leur parcours et apprendre tout au long de leur vie professionnelle à être mobiles, prêts à évoluer.
Nous avons pris conscience de l’importance d’une médiation adéquate pour transmettre des informations aux jeunes. Nous avons donc réfléchi au moyen de faire appel aux équipes éducatives pour relayer l’information auprès des jeunes, éveiller leur curiosité et les intéresser à de nouveaux milieux, le but étant, non de les diriger, mais de leur ouvrir les yeux sur ce qu’ils imaginaient de manière restreinte.
Ce travail sur la communication métiers répond à une préoccupation transversale. Nous nouons ainsi de nombreux partenariats avec des branches professionnelles, pour concevoir des outils d’appréhension du monde du travail. Nous nous rendons compte que les jeunes sont relativement mal armés. En matière de formation à l’issue du collège, ils suivent tous la même orientation, celle-ci pouvant varier en fonction de la zone géographique. Les adolescents font en effet preuve d’un côté grégaire, trahissant ainsi leur besoin d’être rassurés. Notre travail consiste à les faire passer d’un aspect quantitatif à un aspect qualitatif en posant la question de la différence entre les métiers.
2. Les services que l’ONISEP entend délivrer pour faciliter la découverte des métiers
Le système éducatif nous apporte son aide. Depuis trois ans, une option de découverte professionnelle a ainsi été créée en classe de troisième, pour apporter une dimension culturelle au monde du travail et à la connaissance de l’environnement professionnel. Il ne s’agit pas d’une option de préparation à l’orientation, mais bel et bien de découverte de l’environnement de travail, des métiers, de l’organisation du travail et du système de formation. Cette orientation d’anticipation sur l’avenir professionnel est nouvelle. Auparavant, les jeunes commençaient à chercher un métier susceptible de les intéresser au moment de trouver du travail. Il faut pour autant parvenir à les intéresser à la question.
Pour accompagner ce processus, l’ONISEP a mis au point des séquences ou situations pédagogiques, permettant aux enseignants de se poser des questions quant à l’environnement professionnel et de préparer correctement les interventions de professionnels au sein de l’établissement scolaire. Nos outils permettent aussi aux jeunes de préparer des stages en entreprises et d’explorer les métiers dans leur environnement proche.
Il est important d’inciter tant les élèves que les enseignants et les parents à réfléchir quant à leur manière d’envisager le travail, l’environnement et l’évolution du monde professionnel, ainsi que les secteurs d’activité porteurs d’image négative. Nous avons notamment créé une collection à l’intention des enseignants, intitulée Perspectives, s’appuyant sur les différentes disciplines enseignées à l’école. Nous avons pour le moment édité trois numéros et nous préparons actuellement le quatrième. Cet outil permet à l’enseignant de sensibiliser ses élèves au monde du travail et aux préoccupations du monde du travail liés à la discipline qu’il enseigne. Nous avons commencé par les sciences de la terre, suivies du français et de l’histoire - géographie. Dans ce dernier numéro, à titre d’exemple, nous avons repéré des femmes qui, à travers le métier qu’elles exerçaient, ont historiquement fait évoluer la société. Nous nous sommes également intéressés aux territoires, aux mutations économiques et à leurs incidences sur l’emploi. Nous partons du principe que plus nous parviendrons à intéresser les élèves au monde des métiers par ce biais culturel plus ils effectueront cette démarche de manière naturelle.
Avec les branches professionnelles, nous avons élaboré une autre collection, intitulée Découvrir un secteur d’activité. Il s’agit d’une analyse portant sur la prospective de l’emploi dans les secteurs professionnels. Nous nous appuyons sur les observatoires de branche pour sensibiliser les équipes éducatives sur les évolutions du travail et des emplois, ainsi que leurs conséquences sur l’emploi à venir des jeunes. Si nous ne prenons pas en compte le fait qu’un certain nombre de secteurs sont en mutation, les jeunes qui entreront dans la vie professionnelle dans les prochaines années risquent de passer à côté d’un certain nombre d’informations.
3. Les métiers de la Sécurité sociale, leurs particularités et ce qui peut être mis en avant pour les rendre familiers aux jeunes
En partenariat avec l’UCANSS, nous avons mis au point un document détaillant les métiers de la Sécurité sociale pour en présenter les particularités aux jeunes. Ces métiers sont notamment proches des préoccupations familiales. Suivre la feuille de Sécurité sociale dans le détail de son traitement peut s’avérer intéressant. Cet univers est à la fois familier et étranger pour les jeunes. Nous avons voulu leur montrer les caractéristiques et les métiers très spécifiques de cet univers.
Deux axes paraissent importants dans la communication métiers : le monde dans lequel le métier se situe (l’organisation du travail, les spécificités des compétences) et la force du témoignage. Mettre un métier en image, par exemple, le fait vivre. Nous devons intriguer les personnes et leur montrer des facettes qu’elles ne soupçonnaient pas.
II. L’expérience de l’URSSAF de la Rochelle
1. Le Salon Passerelle
Raymond RAILLARD
L’URSSAF de la Rochelle participe depuis quatre ans au Salon Passerelle, qui permet d’orienter les jeunes (lycéens et étudiants) dans leur vie professionnelle. Les quelques 150 exposants sont regroupés autour de deux pôles : un pôle formation (IUT, lycées, universités, organismes d’orientation) et un pôle armée, institutions et collectivités. En tant qu’organisme de la Sécurité sociale, nous participons à cet évènement pour remplir un double objectif : rencontrer des jeunes et un certain nombre de personnes qui pourraient véhiculer l’information que nous souhaitons transmettre aux jeunes.
Notre organisme est le seul de la Sécurité sociale à participer à ce genre de salon. La CPAM de Charente Maritime, par exemple, ne voit pas l’intérêt d’y participer, parce qu’elle ne dispose pas d’une visibilité suffisante sur l’embauche de ses futurs employés. Notre motivation tient au fait de nous afficher sur ce salon sous l’étiquette de la Sécurité sociale et non sous celle de l’URSSAF, ce qui nous permet de promouvoir l’ensemble des métiers de la Sécurité sociale et non les seuls métiers du recouvrement. Nous informons ainsi les étudiants et lycéens de la grande diversité des métiers de la Sécurité sociale.
La première fois, les jeunes sont généralement surpris de voir un stand présentant les métiers de la Sécurité sociale. Ils ne s’y attendent pas. Aujourd’hui, nous sommes plus attendus. Ensuite, ils sont surpris par la diversité au sein de cette institution qui répertorie en effet quelque 75 métiers.
Notre communication est axée autour de cette diversité et de la hiérarchisation de ces métiers, classés en trois grands domaines :
le domaine des services ;
le domaine de l’expertise ;
le domaine du management.
Nous diffusons de l’information, interpellons les personnes, essayons de cerner leurs centres d’intérêt et leurs projets d’orientation professionnelle pour mieux leur présenter les métiers de la Sécurité sociale qui pourraient correspondre à leurs attentes. Nous leur remettons aussi par ce biais de la documentation. L’une de nos plaquettes évoque en l’occurrence la licence professionnelle de management de proximité, qui intéresse beaucoup les jeunes. En effet, nombre d’entre eux veulent entrer rapidement dans la vie active. Cette licence professionnelle correspond totalement aux besoins d’une partie des visiteurs de ce salon. Un grand nombre de personnes, diplômées à hauteur de Bac+5, sont également intéressées par l’EN3S.
Nous aimerions pouvoir sensibiliser un peu plus les jeunes en amont de ce genre d’événement, par le biais des enseignants. La plupart d’entre eux découvrent en effet sur place les exposants, sans avoir une idée préconçue de leur projet professionnel.
Rencontrer des relais, des vecteurs d’information auprès des jeunes nous intéressent également.
Grâce à l’intervention de l’UCANSS depuis quatre ans, nous avons réussi à nouer un partenariat avec l’Inspection académique de Poitiers. Elle organise chaque année une réunion pédagogique, à l’occasion de laquelle tous les conseillers d’orientation du Département se rencontrent. Cette année, les métiers de la Sécurité sociale en représentaient le thème central. Nous avons ainsi pu présenter à l’ensemble des Directeurs de CIO (centres d’information et d’orientation) et des conseillers pédagogiques d’orientation, l’organisation et les métiers de la Sécurité sociale. Nous avons aussi pu expliciter plus longuement certains métiers spécifiques, de sorte que ces personnes puissent à leur tour mieux informer les jeunes. Cette réunion s’est déroulée en février dans les locaux de la Faculté de droit de la Rochelle, ce qui nous a permis d’intéresser la Direction de cet établissement à ce processus. Celle-ci nous invitera désormais pour présenter directement nos métiers aux étudiants.
Une trentaine de professeurs principaux viennent nous voir sur le Salon, nous demandent de la documentation et sollicitent des interventions dans leurs établissements.
Nous regrettons l’absence des trois autres organismes de la Sécurité sociale du département, car cela nous contraint à une mobilisation importante. Cette manifestation nécessite en effet d’y affecter pendant trois jours environ quatorze personnes, de préférence relativement jeunes pour établir un meilleur contact avec la population visée. Chaque année, je produis à l’issue du salon un rapport, que je communique à l’UCANSS, laquelle le met en ligne sur le site www.ucanss.fr.
2. Comment contourner la difficulté de communiquer dans un secteur si peu connu du public ?
Les médias véhiculent une image plutôt négative, en faisant toujours référence au « trou » de la Sécurité sociale et aux éventuels retards de remboursement. Dans ce contexte de communication relativement réductrice, nous travaillons selon trois axes :
ne pas laisser les autres communiquer à notre place ;
établir un contact avec toutes les structures pouvant servir de relais d’information et d’interface avec les étudiants ;
communiquer via un certain nombre d’outils (plaquettes, revues, salons).
Sur ce dernier point, quand je compare nos outils de communication à ceux dont dispose l’armée, par exemple, autrefois surnommée « la grande muette », je suis véritablement impressionné. Les jeunes s’agglutinent sur ses stands, à cause, non seulement des gadgets qui y sont distribués, mais aussi des films intéressants qui y sont diffusés et qui montrent concrètement à quoi ressemblent les professions. Indépendamment de nos supports papier et des totems sur la Sécurité sociale et de l’UCANSS, nous manquons d’un outil de communication plus vivant, plus attractif. Parvenir à capter l’attention des jeunes pour les faire venir sur notre stand constitue la moitié du travail. L’autre moitié tiendra dans l’information que nous pourrons leur transmettre. Or, pour moi, notre communication est encore un peu trop « institutionnelle ».
3. Quelles suggestions pouvons-nous donner aux organismes qui voudraient suivre cette démarche ?
Il faut que la Direction de l’organisme affiche clairement sa volonté de communiquer sur les métiers dudit organisme.
Il ne faut pas confondre un salon du type Passerelle avec un salon de promotion des métiers de sa branche, ni avec un salon ou un forum de recrutement.
Il faut valoriser l’institution aux yeux du grand public et tordre le cou aux idées reçues, communiquer sur les futures embauches programmées (du fait des départs à la retraite, par exemple), éviter de travailler en solo, mais plutôt en partenariat avec les autres organismes locaux et les centres régionaux de formation professionnelle, l’UCANSS, les lycées et facultés, toutes les structures d’orientation, d’information et de formation dans le milieu scolaire et universitaire.
Il faut mettre son expérience en réseau, la diffuser le plus largement possible, favoriser les stages en entreprise, de manière à ce que les jeunes puissent eux-mêmes prendre connaissance des métiers et en faire part à leurs camarades.
Le coût de réalisation d’un totem, que réalise l’UCANSS sur les métiers de la Sécurité sociale, par exemple, s’élève à 100 euros. Ce genre d’outil de communication est donc réalisable.
Il faut peut-être réaliser des films et trouver un outil de communication qui attire encore plus l’attention des jeunes sur un stand de salon, de manière à créer un premier contact.
III. L’expérience de La Poste
1. Présentation du Groupe
Jacques BARTHE
La Poste est un groupe qui comprend quatre grands pôles d’activité, générant un chiffre d’affaires de plus de 20 milliards d’euros :
le courrier, qui réalise 50 % du chiffre d’affaires global, achemine 25 milliards d’objets par an et recrute 3 000 à 4 000 facteurs chaque année ;
le pôle d’envois par colis express, en pleine expansion, du fait de l’explosion des achats par le biais d’Internet ;
le pôle bancaire, créé en 2006, en plein développement, dont le résultat net progresse de plus de 10 % par an ;
le pôle des bureaux de poste, regroupant 17 000 points de contacts.
En matière de recrutement, nous renouvelons à peu près un départ à la retraite sur deux, à raison d’un rythme de quelque 12 000 départs par an. Nous recrutons moins les jeunes pour occuper des emplois de manutention ou d’exécution, du fait de la mécanisation dans les centres de tri postal et des gains de productivité résultant de la restructuration en cours de l’ensemble de nos bureaux de poste. 5 000 points de contacts cèderont ainsi peu à peu le pas face à des commerces de proximité, voire des agences postales communales. La réduction d’emplois résultant de cette réorganisation s’élève à environ 6 000 par an. En revanche, nous recrutons davantage de jeunes diplômés Bac+4 ou Bac+5 (entre 600 et 800 par an), issus d’universités, d’écoles d’ingénieurs ou d’écoles supérieures de commerce.
2. La communication institutionnelle (dite corporate), son rôle, sa cible
La direction de la communication institutionnelle fonctionne avec 80 personnes et une vingtaine d’agences nationales, réparties sur tout le territoire français. Nous tentons de valoriser l’Institution auprès du grand public et pas seulement auprès des futures recrues. Nous avons notamment beaucoup travaillé en direction des jeunes avec deux objectifs forts :
renforcer la valorisation de la marque ;
et renouveler son image.
Nous sommes partis du constat que nous possédions une notoriété en tant qu’Institution et en tant qu’employeur, mais pour des métiers du type facteur ou guichetier. Nos nouveaux métiers étaient très méconnus :
Responsable d’agence de colis ;
Directeur de plateforme de tri ;
Ingénieur spécialisé en robotique (pour assurer la mise en place de machines triant plus de 40 000 lettres par heure) ;
Commercial (notamment pour faire face à une concurrence accrue, du fait de l’ouverture du marché du colis postal) ;
Conseiller spécialisé en immobilier, en entreprises, en patrimoine ;
Auditeur ;
Contrôleur bancaire ;
Inspecteur, etc.
Or, nous avons besoin de recruter des jeunes diplômés, issus d’études supérieures, pour faire face à l’émergence des besoins dans tous ces domaines. Nous devions donc cibler cette population, afin de l’informer de l’existence de tous ces métiers à La Poste et de les rendre attractifs. La communication institutionnelle a pour objet l’entreprise, baignant dans son environnement, et s’adresse au grand public, à l’ensemble de l’opinion, en communiquant sur le statut, l’histoire, la dimension géographique, les métiers, le management, les résultats de ladite entreprise. Il s’agit d’obtenir ainsi de la considération, du soutien et, plus généralement, le concours de l’ensemble des publics auxquels la communication s’adresse. Je fais notamment référence au public des enseignants, représentant une cible intermédiaire.
Au final, il s’agit d’influencer les opinions et les comportements, voire de modifier les points de vue. En résumé, il faut faire évoluer le regard de l’entreprise sur quatre niveaux :
le faire savoir (faire connaître l’entreprise) ;
le faire comprendre (éclairer le public sur l’ensemble des projets et décisions) ;
le faire aimer (rendre l’entreprise aimable en renforçant sa réputation et en jouant sur la connivence et la séduction) ;
le faire agir (déclencher l’acte d’adhésion, d’achat, de candidature, etc.).
Les jeunes ne nous intéressent pas seulement comme futurs candidats potentiels, mais aussi comme futurs clients, futurs prescripteurs et futurs entrepreneurs qui pourraient nous choisir face à nos concurrents.
3. Les actions mises en œuvre
Pour relever ce double enjeu d’image et de renouvellement des compétences, nous effectuons des conférences pédagogiques dès l’école primaire (CE1, CE2, CM1, CM2) pour faire découvrir aux élèves notre entreprise et ses métiers. Nous avons défini quatre thèmes :
le voyage de la lettre ;
la poste à travers l’Histoire (de l’Antiquité jusqu’à nos jours) ;
la poste contemporaine ;
la découverte des métiers au moyen d’une petite vidéo.
Nous faisons appel à des volontaires pour animer ces conférences. Nous sommes très souvent sollicités pour « raconter » La Poste, notamment par les associations de parents d’élèves. Pour ce faire, nous avons édité un guide du conférencier. Le salarié volontaire dispose ainsi d’une marche à suivre et d’une vacation d’une demi-journée pour remplir sa mission.
Ce type de conférence peut aussi être valable pour les élèves de sixième. En revanche, pour les élèves du collège, nous avons développé un kit assez complet de communication sur nos valeurs et contenant des plaquettes par activité, regroupant quinze fiches métier, représentatives de 95 % des recrutements actuels de jeunes.
Je travaille actuellement sur une cartographie comprenant une centaine de métiers, avec une double entrée : par niveau d’études et par discipline (vente, marketing, production, gestion, etc.) Elle sera prête pour le prochain salon de l’Education de novembre 2007.
Nous organisons également des stages de professeurs depuis quelques mois, en accord avec les académies de Paris, Créteil et Versailles. Chaque année, une vingtaine de professeurs principaux, chargés de la découverte professionnelle, et un Inspecteur d’académie viendront ainsi découvrir l’entreprise et ses métiers. Ils relaieront ensuite leur expérience auprès des élèves dans le cadre de la découverte professionnelle.
D’autres stages inter académies, rassemblent au mois d’août un professeur par académie, enseignant au titre du BTS force des ventes ou techniques de la communication. Ces enseignants peuvent ensuite mettre au point des travaux pratiques à destination de leurs élèves.
J’ai initié un troisième type de stage cette année. Un enseignant détaché et rémunéré par l’Education nationale travaillera chez nous à temps plein sur un projet, pendant un an. A l’issue de ce stage, il créera des référentiels à destination de ses collègues, qui pourront ensuite les utiliser dans le cadre de leurs cours.
Nous participons par ailleurs à des relais et à des événementiels, comme l’Odyssée celtique qui réunit chaque année les participants de 25 grandes écoles de commerce et d’ingénieurs en forêt de Brocéliande pour un raid sportif et culturel sur le thème des légendes arthuriennes. La quatrième édition aura lieu en 2008.
Enfin, nous avons récemment mis en place des kakemonos, un par pôle d’activité et un générique, que nous avons envoyés dans toutes les régions pour qu’ils soient utilisés à l’occasion des forums des écoles. Nous élaborons actuellement un document sous PowerPoint pour présenter le Groupe aux jeunes, ainsi qu’un film. Nous travaillons aussi avec l’ONISEP. Nous avons ainsi réalisé des vidéos présentant nos métiers et un ouvrage sur La Poste en tant qu’entreprise de services, destiné aux professeurs de technologie en classe de quatrième.
IV. Débat avec la salle
De la salle
Il est très difficile de communiquer sur les métiers de la Sécurité sociale, d’une part, parce que les problématiques et les besoins diffèrent en fonction des branches, d’autre part, parce que le contexte médiatique est actuellement défavorable. Les jeunes considèrent ainsi d’emblée que notre institution est en déficit et rencontre de nombreux problèmes de gestion, ce qui n’en fait pas un employeur très attractif. Il faut aussi raisonner en termes de bassin d’emplois et de situations particulières. Dans ma région, nous ne rencontrons aucun souci pour recruter des techniciens, par exemple, les candidats postulant pour trouver la sécurité de l’emploi. En revanche, nous ne trouvons personne qui serait intéressé pour occuper un poste d’informaticien de niveau 6.
En fonction des situations locales et des spécificités de branche, les réactions et les intérêts sont complètement différents. Je ne nie pas l’utilité de communiquer sur l’institution et ses métiers, mais je crois qu’il faut en même temps tenir compte des problématiques spécifiques à certaines branches.
La branche vieillesse n’aura pas les mêmes besoins que celle de la maladie. Il faut aussi pouvoir disposer des ressources financières suffisantes. Contrairement à une entreprise comme La Poste qui se situe dans un environnement concurrentiel, qui affecte de réelles ressources à ces problématiques de communication et paie des personnes en conséquence, nous éprouvons parfois des difficultés à rémunérer les personnes, parce que nous sommes soumis à des contraintes budgétaires. Notre situation diffère quelque peu de celle de La Poste. La problématique des métiers est assez difficile à appréhender dans le contexte institutionnel et environnemental actuel.
Frédéric BELOUZE
Monsieur Barthe nous a précisé que le groupe La Poste était constitué de quatre entités. Il semble donc qu’elle soit confrontée à ce genre de problématique liée aux spécificités et différences d’activité des entités.
Jacques BARTHE
Notre rôle consiste effectivement à fédérer ces quatre pôles d’activité qui ont tendance à vouloir être de plus en plus autonomes. Il existe quatre phases dans les processus d’autonomie : la dépendance, la contre dépendance, l’indépendance puis l’interdépendance. Nous sommes passés d’une administration, au sein de laquelle toutes nos branches étaient dépendantes, à un groupe, aujourd’hui confronté à la phase de contre dépendance, voire d’indépendance. La banque postale, en particulier, voudrait se démarquer de la maison mère, posséder son propre logo et voler de ses propres ailes. Nous devons idéalement parvenir à une phase d’interdépendance et présenter les quatre pôles sur les forums et les salons sous une bannière unique : celle du groupe La Poste. Nous avons tout à y gagner, ne serait-ce que d’un point de vue économique. En effet, le coût de quatre stands sera toujours plus élevé que celui d’un seul. Tout cela demande du tact, de la diplomatie, de manière à ce que tout le monde soit gagnant.
Gérard Durier
Je suis Directeur de la communication au sein de l’UCANSS. La communication peut avoir lieu en deux temps. Un temps concerne les valeurs et l’image de l’organisme et un autre concerne le recrutement et ce qu’il est possible de faire en la matière pour le favoriser. J’estime que le volet de la sécurité de l’emploi constitue une valeur à utiliser au bénéfice de la Sécurité sociale. Je pense aussi que cette institution peut utiliser une autre valeur : celle de la diversité. Je suis actuellement en phase de recrutement, aucun postulant ne me fait part d’une image négative de la Sécurité sociale. Une déclinaison de ses activités est nécessaire. Je souhaite pouvoir « raconter » la Sécurité sociale à l’avenir.
De la salle
Je tiens à saluer la qualité des interventions. Il est intéressant de prendre connaissance de ce retour et de constater que certaines solutions peuvent fonctionner. Il est aussi intéressant de prendre conscience de l’ampleur de la tache. Nos outils sont un peu en jachère aujourd’hui. L’UCANSS a signé un accord de partenariat avec l’Education nationale, qui nous permettra d’intervenir auprès d’un certain nombre d’acteurs locaux et de mettre à leur disposition un certain nombre d’outils de communication. Toutes ces actions doivent bien évidemment être déclinées en fonction des bassins locaux, dont les problématiques et les besoins sont spécifiques. Ce processus fournira des outils de communication tant sur un plan national que régional ou local.
Gérard Durier
Notre stratégie nationale sera effectivement relayée par des aides locales. Cette démarche est nouvelle. Elle relève d’un accord très récent des caisses nationales. Nous communiquerons autrement que sur le risque, pour aborder une autre dimension : celle de la sécurité. Nous en sommes pour notre part à une phase de transversalité : un message identique à relayer auprès de tous les acteurs. La palette des métiers de la Sécurité sociale est extrêmement intéressante. Il nous incombe de la révéler au grand public. Pour cela, nous devons être des militants au quotidien. Telle est notre ambition.